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Liasses de billets, drogue… Des détenus des Baumettes s’exhibent sur Facebook

Qui ignore encore que disposer d’une page Facebook permet à toute personne de s’exprimer, de publier des photos, etc… ? Mais avait-on prévu qu’un jour des détenus allaient créer leur propre page et narguer les responsables d’un établissement pénitentiaire ?

 Et bien c’est fait en ce début d’année 2015 ! Des prisonniers, incarcérés à la prison des Baumettes à Marseille, ont créé leur page et en ont profité pour diffuser des photos, des vidéos prises bien sûr à l’aide de téléphones portables. Et c’est ainsi qu’ils exhibent fièrement liasses de billets, drogue… Et, comme apparemment ils ne manquent pas d’imagination, ils ont baptisé leur page : « MDR o baumettes » (« Mort de rire aux Baumettes »). Et cette page a quand même recueilli près de 5 000 « J’aime » !

 Toutefois, le nom de la page Facebook n’a visiblement pas amusé du tout Philippe Perron, directeur interrégional de l’Administration pénitentiaire, et on le comprend ! Il a ordonné immédiatement des enquêtes administratives et judiciaires. Cette page, ouverte à l’extérieur de l’enceinte de la prison des Baumettes, a été fermée par son auteur que l’on n’a pas encore identifié à ce jour.

 Et cette affaire met une fois de plus en lumière le manque de moyens mis à disposition du personnel pénitentiaire pour surveiller les détenus. Catherine Forzi, de Force Ouvrière, dénonce le « laisser-aller ambiant » que montre malheureusement cette vidéo. Et elle fait part de son découragement : « On va encore dire que c’est de la faute du personnel pénitentiaire qui ne fait pas son travail, mais c’est en fait l’illustration du manque de personnel. » Et elle ajoute : « Avec un agent pour 130 détenus, les surveillants pénitenciers n’ont aucun moyen à disposition pour endiguer ce phénomène. »

 Il paraît indispensable qu’une fouille systématique ait lieu au niveau des parloirs afin d’éviter de laisser rentrer téléphones portables, drogue, etc… C’est ce que demande le Syndicat pénitentiaire des surveillants non gradés (SPS), de même qu’un « désencombrement des cellules en détention ».

 Mais arrivera-t-on un jour à solutionner ce problème qui revient régulièrement sur le devant de la scène, que tout le monde constate et déplore ? Car, avec la proportion d’un seul agent pénitencier pour surveiller 130 détenus, il ne faut pas s’étonner que les incidents tels que ceux que nous relatons aujourd’hui, deviennent récurrents.

Joscelyne Houssé

 

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