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Plusieurs journalistes stars privés de carte de presse

Si elle n’était pas un sujet particulièrement médiatisé, la carte de presse, le précieux sésame journalistique, fait l’objet de controverses depuis quelques semaines. En effet, certains journalistes vedettes se sont vus refuser cette carte ou son renouvellement.

 Motif ? Le ton de certaines émissions jugé non journalistique. C’est la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP) qui décide de l’octroi ou du renouvellement des cartes de presse et qui motive ses décisions.

 Parmi les journalistes les plus connus qui n’ont pas réussi à obtenir le renouvellement de leur carte, on compte Pascale Clark dont l’émission « A’live » sur France Inter n’est pas considérée comme journalistique. Sa carte n’a pas été renouvelée, car la CCIJP a estimé que Pascale Clark a un rôle de présentatrice dans son émission et non de journaliste.

 Pascale Clark n’est pas seule à s’insurger contre les règles d’attribution de la carte de presse. Jean-Marc Morandini et Christophe Hondelatte  ont, eux aussi, contesté  le principe d’octroi. Christophe Hondelatte, à BFMTV et aux manettes de l’émission « Médias Le Mag » sur France 5, a annoncé qu’il renonçait à demander le renouvellement de sa carte de presse 2015. Il en explique les raisons : « La Commission diligente une enquête pour savoir si je peux la conserver. On m’a envoyé un dossier à re-remplir, il faut que je fournisse des preuves. Exerçant ce métier depuis trente ans, j’estime que je n’ai pas à répondre à ce genre de questions. »

 Jean-Marc Morandini lui a emboîté le pas en estimant : « Le système d’attribution de la carte de presse n’est plus adapté aux journalistes de plus en plus nombreux qui diversifient leurs activités », en étant par exemple producteurs d’émissions.

 D’ailleurs, des journalistes célèbres ont exercé leur métier sans ce précieux sésame, comme Patrick Poivre d’Arvor, présentateur du journal de 20 heures de TFI pendant 21 ans.

 Il convient de rappeler que la carte de presse n’est pas obligatoire pour travailler en tant que journaliste, bien que certains organes de presse la demandent. Elle a toutefois son utilité si le journaliste est envoyé en reportage à l’étranger ou s’il doit exercer son métier auprès de certains interlocuteurs bien précis.

 Mise en cause par plusieurs journalistes, la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels se défend et explique que son rôle est de s’assurer qu’une personne, souhaitant obtenir ou renouveler sa carte de presse, remplit bien les critères attachés au statut de journaliste et édictés par le Code du Travail.

 Tous les ans, sur les 37.000 demandes qu’elle reçoit pour obtention ou renouvellement de carte de presse, la CCIJP ne donne pas suite à environ 500 à 1.000 dossiers. Toutefois, un journaliste peut à nouveau obtenir sa carte de presse, s’il répond aux conditions d’octroi de la CCIJP.

Joscelyne Houssé

 

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