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Les quotas laitiers, c’est fini !

C’est la fin des privilèges depuis le 1er avril : les quotas laitiers n’existent plus. La France a eu le temps de s’y préparer mais semble encore sonnée. Il faut dire que les quotas laitiers, mis en place en 1984 pour maîtriser les excédents, étaient l’un des prés carrés de l’agriculture française. Au grand dam des plus gros producteurs et exportateurs européens, tels que l’Allemagne ou l’Irlande. L’Irish Farmers Association (IFA) salue la suppression des quotas qui permettra, selon elle, la création de 9.500 emplois en Irlande et devrait apporter des revenus supplémentaires d’ 1,3 milliard € à l’exportation. Unie dans la diversité, telle est la devise de l’Union européenne. On peut effectivement constater sur le sujet des quotas laitiers qu’il y a autant de réactions que d’États européens. Et les réactions sont contrastées, même si cette mesure est prévue de longue date. Les États ont eu le temps de s’y préparer. En effet, depuis 2008, les quotas ont été augmentés de 1 % par an. Mais l’après quotas fait craindre la disparition des petites exploitations. À l’opposé des États qui ont encouragé les grosses exploitations, les agriculteurs français ont été poussés à se regrouper en GAEC (Groupes Agricoles d’Exploitation en Commun). En 1986, il y avait 400.000 exploitations laitières en France. Aujourd’hui, il n’en reste plus que 68.000, pour un rendement de vingt-quatre millions de tonnes par an. Les éleveurs français pensent de ce fait qu’il n’est pas raisonnable de passer d’un secteur totalement régulé à un secteur libre. La Confédération paysanne, syndicat agricole minoritaire, se dit particulièrement inquiète. Pourtant, il n’y a guère que la France pour s’inquiéter. Les pays du Nord, les Pays-Bas, l’Allemagne en tête, précurseurs dans les fermes à grande échelle, salue la libéralisation du secteur agricole. Menace ou opportunité, la suppression des quotas laitiers est une nouvelle donne pour des agriculteurs qui doivent régulièrement s’adapter pour survivre. Deux craintes principales : la mainmise des industriels qui lorgnent sur les pays émergents avides de lait ; et la crainte d’un effondrement des prix du lait sur le marché mondial. L’enjeu est de taille : l’Europe est la première productrice de lait au monde et la deuxième exportatrice de lait en poudre. L’enjeu français est de ne pas rater ce tournant historique.

Stéphanie DEMANDRILLE

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