, ,

Cancer : la viande rouge mise au ban

On a coutume de penser que les protéines sont bonnes pour la santé. Dans un certain sens, c’est vrai. Seulement dans un certain sens. Les protéines de notre alimentation proviennent en grande partie de la viande que nous consommons. Or, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), qui a synthétisé plus de 800 études sur le cancer chez l’homme, est convaincu que la surconsommation de viande est à l’origine de certains types de cancer chez l’homme. Une cancérogénicité de la viande déjà évoquée en juin dernier dans un rapport de l’Institut national du cancer (Inca) (1). Les cancers colorectal, de la prostate, des ovaires et peut-être même des poumons, du pancréas, de la vessie et du rein seraient imputables à une consommation excessive de viandes. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) classe d’ailleurs les viandes rouges (2) dans les aliments cancérigènes : le risque de cancer colorectal chez l’homme s’accroît de 18 % par la consommation quotidienne de 50 grammes de viande transformée. De quoi inciter à reprendre des légumes verts plutôt que de la viande.

Les appétits carnivores en danger de mort

Un million de personnes meurt chaque année du cancer à cause du tabac. Dans 600.000 cas, l’alcool est responsable. Mais la consommation excessive de produits carnés est responsable de plus de 34.000 décès par an selon le Global Burden of Disease Project. La viande rouge contient du glycane Neu5Gc, un polymère de sucre présent chez les mammifères, qui provoquerait une production d’anticorps. Des anticorps mêlés au glycane s’accompagneraient d’une inflammation puis de cancer.

Le climat menacé par la viande

La consommation croissante de viande est un aspect du changement climatique. Le rapprochement entre consommation de viande et changement climatique semblait fortuit, farfelu il y a encore vingt ans. Aujourd’hui, on sait que le système digestif du bétail produit plus de trois milliards de tonnes de CO2 par an (3). Ce que l’on sait moins, c’est que le secteur de la viande représente davantage de gaz à effet de serre que les transports, à savoir 14,5 % de la totalité.

(1) L’homme consomme 370 grammes de viande rouge par semaine et la femme 285 grammes. Un quart de la population consomme au moins 500 grammes de viande par semaine. Ces chiffres de l’Inca datent de 2006.

(2) L’OMS classe dans les viandes rouges : bœuf ; veau ; porc; agneau; mouton; cheval ; chèvre.

(3) Par comparaison, la France produit 500 millions de tonnes de CO2 par an.

Stéphanie DEMANDRILLE

Laisser un commentaire