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Surpopulation carcérale, un véritable fléau

La maison d’arrêt de Nanterre est malheureusement un exemple parmi tant d’autre de ce véritable fléau qui gangrène de nombreuses prisons françaises : la surpopulation carcérale.

 

La prison de Nanterre recense 1.100 détenus… pour moins de 600 places disponibles ! La disproportion et l’écart entre ces deux chiffres font déjà deviner les difficultés inhérentes à cet engorgement dans cette maison d’arrêt.

Un détenu explique qu’il partage une cellule de douze mètres carrés avec trois autres prisonniers, ce qui génère bien sûr des conditions de cohabitation et de promiscuité difficiles.

Le personnel pénitentiaire est, quant à lui, soumis à des conditions de travail qui engendrent des tensions, des agressions à son encontre du fait de ces cellules souvent bondées.

Le lieutenant Nicolas Dutoya, en charge de l’infrastructure de la prison de Nanterre, fait remarquer que les problèmes arrivent dès l’arrivée des prisonniers au greffe chargé de gérer les entrées et les sorties. Ce sont en moyenne une dizaine de nouveaux détenus qui arrivent dans le centre pénitentiaire et qui font donc l’objet d’un enregistrement. Nicolas Dutoya prend l’exemple des effets personnels des détenus qui sont saisis et doivent être mis de côté dans un vestiaire conçu pour 600 places seulement. Or,  en fonction du nombre nettement plus élevé de prisonniers, valises et cartons s’entassent.

Mais le parcours de l’incarcération ne s’arrête pas là. Lorsque le greffe a terminé ses formalités d’enregistrement, les prisonniers sont dirigés vers ce que l’on appelle le « quartier arrivant » et, dans la prison de Nanterre, ils y restent en moyenne plus de deux semaines. Et ce sont à nouveau des tensions auxquelles doivent faire face les gardiens, car les détenus font savoir de manière bruyante, voire agressive, qu’ils ne veulent pas y rester.

Comme la majorité des prisons en France, la maison d’arrêt de Nanterre n’a pas assez de surveillants pour s’occuper des détenus. Elle n’en recense en effet que 142 pour 1.100 prisonniers. Ce qui signifie qu’un gardien se trouve souvent seul pour conduire un prisonnier d’un point à un autre de la prison. Or, les gardiens ont souvent du mal à faire face aux conditions d’exercice de leur métier. Le directeur de la maison d’arrêt de Nanterre, Jimmy Delliste, le déplore : « Le fait que nos établissements soient vraiment saturés entraîne une forte déperdition d’agents qui ne vont pas forcément rester chez nous. »

Pour essayer de résoudre ce fléau de la surpopulation carcérale, l’État a promis en octobre 2016 la construction de 33 nouvelles prisons. Jimmy Delliste pense que cela pourrait peut-être aider à résoudre ce problème : « En France, il y a 12.000 détenus en trop. Si demain, on nous donne ces places, automatiquement on va faire un meilleur travail avec les personnes détenues. Et si on peut mieux travailler, cela nous permettra de prévenir la récidive depuis l’établissement pénitentiaire, chose que nous n’avons pas toujours la possibilité de faire aujourd’hui. »

Espérons que ces promesses seront suivies d’effet et permettront assez rapidement d’apporter des solutions efficaces à ce problème si souvent évoqué de la surpopulation carcérale.

 

Joscelyne Houssé

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Un détenu sort de prison par la porte principale !

En prison aux Pays-Bas, j’ai toujours rêvé d’y aller !