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Jack l’éventreur selon Russell Edwards

jack leventreur

Il est l’un des meurtriers les plus connus du monde. Sa réelle identité demeurait jusque-là encore inconnue. Jack L’Eventreur était l’un des assassins les plus mystérieux de l’Histoire. Des générations de criminologues ont tenté en vain pendant plus d’un siècle d’en savoir plus sur lui. Russell Edward croit détenir son identité.

Dans un livre le 9 septembre dernier, au Royaume-Uni, Naming Jack the Ripper, l’homme d’affaires et détective amateur Russell Edwards, 48 ans, révèle qu’il a enfin démasqué Jack l’éventreur. Grâce à des analyses ADN effectuées sur le châle d’une des victimes, ce détective amateur affirme détenir la clef du mystère.

Mais qui est Russell Edwards ?
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Le détective amateur Russel Edwards a publié « Naming Jack the Ripper ». Sa découverte se base sur un achat lors d’une vente aux enchères, d’un châle appartenant à la quatrième victime du tueur, retrouvé près de celle-ci après son assassinat. Des traces d’ADN auraient permis d’identifier la victime et le célèbre malfaiteur.

Aaron Kosminski, barbier polonais de 23 ans, , suspecté à l’époque, puis relâché pour manque de preuves, avait été interné dans un asile psychiatrique pour avoir attaqué sa sœur au couteau. Il y restera jusqu’à sa mort en 1919, à 53 ans.

Russel Edwards met environ quatorze ans pour voir aboutir ses recherches. Il analyse les traces de codes génétiques trouvés sur le châle, retrouve les descendants directs de Kosminki, pour faire des comparaisons génétiques. Son investigation est en cours de vérification.

Tout commence en mars 2007. Lors d’une vente aux enchères dans un village du Suffolk, Edwards achète un châle, en très mauvais état, déchiré et taché. Le tissu maculé de sang avait été trouvé aux côtés du corps de Catherine Eddowes, quatrième victime de Jack l’Éventreur.

Un policier avait alors emporté ce châle, il serait ensuite resté rangé chez plusieurs générations de descendants du policier de Scotland Yard, jusqu’à ce que l’un d’entre eux se décide à le vendre. Comment être certain qu’il n’a jamais été lavé ou contaminé en 126 ans ? La police scientifique n’en était qu’à ses balbutiements à cette époque, et le châle était conservé chez un particulier.

Russell Edwards fait alors appel à Jari Louhelainen, spécialiste de la biologie moléculaire à l’université John Moores de Liverpool pour étudier l’objet. À l’aide d’une caméra infrarouge et de lumière ultraviolette, il met en évidence des taches de sang, des traces du rein de la victime charcutée par son bourreau et de sperme.

Pour vérifier leurs découvertes, les deux chercheurs réussissent à trouver une descendante directe de Catherine Eddowes, dont l’ADN correspond parfaitement à celui prélevé sur la pièce à conviction.

Ce châle d’un style d’Europe de l’Est pousse Edwards à s’intéresser à l’un des suspects des meurtres de 1888, le Polonais Aaron Kosminski. Immigré en Angleterre avec sa famille qui vivait à 200 mètres du lieu d’un des meurtres de l’Éventreur.

Interrogé par la police, il avait été relâché. Deux ans plus tard, il est interné dans un asile pour schizophrénie après qu’il aurait attaqué sa sœur avec un couteau. Il y restera jusqu’à sa mort en 1919.

Edwards et Louhelainen ont retrouvé une descendante de la sœur de Kosminski, qui a accepté de fournir des extraits d’ADN. Ceux-ci ont des similitudes aux prélèvements effectués sur le châle. Il faudra sans doute toutefois une validation d’autres scientifiques et celle de la police avant d’en avoir le cœur tout à fait net.

L’ADN d’Aaron Kosminski semble se trouver sur le châle, mais est-ce réellement le meurtrier ? Il se pourrait que oui, mais il est aussi probable que non. Kosminski a pu être là par hasard après le crime et se masturber face au cadavre, ou face à la scène du crime, ou lorsque le tueur a commis son forfait. Ou plus simplement, il a été client de cette prostituée avant même qu’elle se fasse assassiner.

Kominski vivait bien dans le quartier de Whitechapel où les faits s’étaient déroulés, comptait parmi les principaux suspects, sans doute schizophrène, il n’en faut pas plus à Edwards pour rendre son verdict.

Des critiques qui n’empêchent pas Edwards de se gargariser dans les colonnes de The Independent : “J’ai la seule preuve médico-légale dans toute l’histoire de l’affaire. […] Seuls les sceptiques qui veulent perpétuer le mythe douteront.”

Pas vraiment !

D’autres preuves ADN mettaient en cause une femme, peut être Mary Pearcey,. Le Docteur médico-légal, Ian Findlay, diagnostique à partir d’éléments prélevés sur une lettre envoyée par Jack l’éventreur en 1888. Findlay propose alors ses services à Scotland Yard , qui l’invite et met à sa disposition les lettres attribuées au tueur et conservées aux Archives nationales.

L’hypothèse n’est vraiment pas nouvelle. A l’époque, elle avait déjà été soutenue par Frederick Abberline, l’inspecteur de Scotland Yard chargé du dossier. La vraie nouveauté est scientifique: plus d’un siècle plus tard, la génétique vient conforter cette théorie et apporter un nouvel éclairage sur l’une des plus grandes énigmes de l’histoire du crime. Malgré l’état incomplet de l’échantillon, en 2006, il ne faisait aucun doute pour Findlay que cet ADN était celui d’une femme.

Mais la sage-femme Mary Pearcey fut accusée d’avoir égorgé la femme de son amant à la manière de l’Eventreur, et fut même pendue pour ce meurtre le 23 décembre 1890.Comment savoir si l’ADN identifié par le biologiste est celui de Mary Pearcey? “Il faudrait exhumer son cadavre. Evans et moi l’avons envisagé, dit Findlay sur un ton amusé. Mais la loi anglaise l’interdit, car il ne reste aucun survivant dans cette affaire.” Une seule possibilité: récupérer un morceau du squelette en violant la tombe. Stewart Evans sait où est enterré le corps: “Au cimetière de Newgate, à Londres. Sur la pierre tombale, cette seule inscription: “1866-1890″.” Reposera-t-elle en paix?

Le Docteur médico-légal, Ian Findlay de la Griffith University de Brisbane (Queensland), est connu pour avoir mis au point, en 1997, une technique permettant de retrouver, à l’aide d’une seule cellule (contre 200, au moins, auparavant), l’ADN d’une personne ayant vécu il y a deux cents ans. Depuis cette découverte, la police australienne a fait appel à lui à plusieurs reprises pour élucider d’anciens meurtres.

“J’ai réalisé qu’il existait un business incroyable autour de l’Eventreur, que l’on vendait des couteaux, des lettres, des photos, des os… Et pas seulement sous le manteau, mais aussi chez Sotheby. Ce que ces collectionneurs attendaient de moi, c’était ma caution scientifique.”

C’est en contemplant les œuvres du peintre Walter Sickert, que Patricia Cornwell, ancienne journaliste spécialiste dans les faits divers criminels pour le Charlotte Observer, informaticienne à l’institut médico-légal de Richmand en Virginie, et romancière, découvrit un artiste obsédé par la mort et la violence : « La première reproduction sur laquelle je tombai était un tableau de 1887 représentant la célèbre chanteuse victorienne Ada Lundberg, au Marylebone Music Hall. Elle est censée être en train de chanter, mais on dirait qu’elle hurle, sous les regards d’hommes concupiscents et menaçants. »

Walter Sickert aimait aller seul dans les music-halls à la réputation sulfureuse, et errer ensuite de nuit dans les quartiers malfamés de l’East End londonien. Souvent, il disparaissait plusieurs jours ou même plusieurs semaines sans que personne, ni sa femme ni ses proches, ne sût où il était.

Au cours de son enfance, Walter Sickert avait subi trois opérations pour une fistule, la dernière ayant eu lieu lorsqu’il avait cinq ans.

Aidée de son équipe, Patricia Cornwell remarque que l’auteur des lettres de Jack l’éventreur s’est donné beaucoup de mal pour paraître ignorant ou fou. Il se forçait visiblement à faire des fautes d’orthographe : « dans une même lettre on trouve le même mot avec des fautes différentes. Il pouvait cumuler l’emploi de mots grossiers et de termes très sophistiqués, parfaitement orthographiés, qu’une personne non éduquée n’aurait jamais utilisés. Des tics de langage reviennent régulièrement, comme le fameux « Ha ha ! », expression mentionnée par ailleurs par Sickert au sujet du rire exaspérant de son maître, James McNeill Whistler.

En étudiant attentivement les lettres, l’historienne d’art le Dr Anna Gruetzner Robins et la conservatrice Anne Kennett remarquèrent sur celles-ci de légers coups de pinceau. Les analyses qui eurent lieu à la suite de leur découverte prouvèrent que les taches de sang sur les lettres étaient en fait de l’eau-forte.

En manipulant et en léchant les timbres et les rabats des enveloppes, des cellules provenant de la salive ont été emprisonnées dans la colle. Plus d’un siècle plus tard, en septembre 2001, les spécialistes de l’ADN de l’Institut de science médico-légale de Virginie, dirigés par le Dr Paul Ferrara, reçurent du gouvernement britannique l’autorisation d’effectuer des analyses sur les lettres originales de l’Éventreur. Des prélèvements furent également effectués sur des lettres, enveloppes et timbres utilisés par Sickert, par sa première épouse, Ellen Cobden Sickert, et par son maître, James McNeill Whistler, sans succès.

Cinquante-cinq échantillons d’ADN furent envoyés au Bode Technology Group, un laboratoire d’analyses privé, de renommée internationale. Pour une analyse de l’ADN mitochondrial.

Les résultats confirmaient alors l’hypothèse de Patricia Cornwell selon laquelle le coupable était en fait le peintre impressionniste Walter Sickert. Si même avec les mêmes pièces à conviction le coupable diffère…

Russel Edwards est un amateur, un homme d’affaires qui s’est passionné pour le mystère Jack l’Éventreur. Ses conclusions sont établies sur la base d’analyses ADN avec le soutien du Dr Jari Louhelainen, scientifique basé à Liverpool . Selon le Dr Louhelainen, dès le premier test, une correspondance à 99,2 % a été obtenue.

L’occasion pour Edwards d’en tirer un bouquin, Naming Jack the Ripper, publié au Royaume-Uni et a fait grand bruit et les choux gras de l’auteur et The Independent qui a révélé en exclusivité son identité..

Posté par Christophe Joseph

Reporter d’image et ancien reporter de presse écrite en PQR, JOSEPH a obtenu un diplôme supérieur des Beaux-arts en 1995 et un DU de Presse Magazine en 2013. Ayant travaillé dans le paramédical, aujourd'hui, il se passionne pour la santé, la culture artistique, la mer.

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