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Anti Exhibit B ou le triomphe de la stupidité

L’installation de l’artiste sud-africain Brett Bailey est au cœur d’une polémique qui prend une ampleur sans pareil depuis quelques jours. La performance, présentée du 27 novembre au 14 décembre à Paris après avoir fait le tour de plusieurs pays d’Europe, met en scène des hommes et des femmes noirs qui adoptent des postures se référant à leur passé lourdement empreint de racisme. Ainsi plusieurs stéréotypes de l’ère coloniale sont représentés par le biais de tableaux vivants dans lesquels figurent des interprètes enchaînés ou exposés dans une cage, rappelant les spectacles humiliants et déshumanisants qui sévissaient à cette époque.

Criant à la dévalorisation de la communauté noire, les détracteurs se sont rassemblés pour dénoncer ce qu’ils considèrent être la réplique d’un « zoo humain ». Mais avant de s’indigner, se sont-ils intéressés ne serait-ce qu’une fraction de seconde à la vie d’un artiste pour qui cette œuvre est une sorte d’exutoire, de témoignage d’un épisode de sa vie qu’il a tout simplement voulu nous transmettre ? Avant de déployer fièrement mais bêtement leurs banderoles, les partisans de la censure d’Exhibit B réalisé par le prototype même de l’antiraciste, ne devraient-ils pas vérifier leurs sources au sens journalistique du terme ?

L’équation est pourtant simple. Brett Bailey a grandi pendant l’Apartheid, en a souffert et a transcrit le mal-être qui le ronge dans son art. Démontrer pour accuser. Depuis quand se souvenir est un crime ? Qui a dit que la mémoire était une ode à l’évènement ? Les anti Exhibit B devraient de la même manière crier au scandale et s’attaquer aux œuvres en la mémoire des victimes de la Shoah, du génocide rwandais ou arménien…. Les vrais racistes, ce sont eux, ces anti Exhibit B qui ne prennent en compte que l’ethnie, qui ne vont pas au-delà de la couleur de peau, qui s’arrêtent à l’apparence au lieu de se pencher sur le discours intrinsèque d’une exposition militante.

Emission radio : “Exhibit B”: L’exposition raciste de Brett Bailey (novembre 2014) 

Pétition à signer: https://www.change.org/p/centre-104-théâtre-gérard-philippe-maires-de-paris-et­-saint-denis-déprogrammer-le-zoo-humain

Césarie Boraschi

2 Commentaires

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  1. En gros le message des bobos et autres npa pognon c’est que les noirs sont pas assez intelligents pour comprendre ce qu’est l’antiracisme… finalement c’est un de ces communismes modernes (en réalité ultra sectaire) qui rejoint la théorie du peuple trop con qu’il faut protéger de lui même en fait. Une sorte de neo monarchie qui s’accapare une lutte juste pour en faire son beurre. Classique.

  2. Pouvez-vous donner des éléments à propos de l’angle que vous proposez de l’œuvre de Bailey ? car je n’ai trouvé aucun articles où il aurait dit qu’il proposait un témoignage d’un épisode de sa vie dont il chercherait par l’art en faire “une sorte d’exutoire” . D’avance merci.

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