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Une aide humanitaire pour la Grèce ?

Quand on évoque l’aide humanitaire, on a coutume de penser aux pays en voie de développement ou en proie à des guerres, famines, épidémies… Mais l’Europe envisage sérieusement une possible aide humanitaire à la Grèce.

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La crise n’est pas terminée pour tout le monde… et les pays européens ne sont pas exsangues de misères. C’est le Président du Parlement européen, Martin Schulz, à Athènes dimanche dernier pour faire campagne pour le « Oui » au référendum grec, qui a souligné la nécessité d’aider les Grecs. Une position depuis suivie par le Commissaire européen au Développement, Neven Mimica.

Des pans de l’économie qui échappent à l’impôt, l’évasion fiscale des entreprises et des plus aisés, comptabilité publique plus que douteuse… La Grèce est le premier pays avec une économie développée à ne pas pouvoir rembourser une dette envers le Fonds Monétaire International. Selon un expert indépendant de l’ONU sur la dette extérieure, Juan Pablo Bohoslavsky, la Grèce ne peut pas faire face à plus d’austérité. Il affirme ces derniers jours que plus d’austérité signifie plus de troubles sociaux et moins de reprise économique. Cet expert est persuadé que les mesures déjà imposées aux Grecs n’ont servi à rien, sauf à provoquer des pénuries de nourriture et de médicaments.

La Grèce, mouton noir de l’UE ?

Soyons réalistes. Les difficultés rencontrées par la Grèce ne sont pas uniques en Europe. Mais dans des proportions pour le moment plus faibles. La Grèce est le premier pays d’une longue série de pays en défaut de paiement. En mars 2015, un rapport du Parlement européen (Étude comparative à la commission des Libertés civiles, justices et Affaires intérieures – étude menée en Belgique, Chypre, Grèce, Irlande, Italie, Portugal, Espagne) indique que l’austérité a fragilisé de nombreux droits fondamentaux, tels que l’accès aux soins de santé et à une éducation décente. En effet, l’augmentation des tarifs des consultations et des médicaments affecte plus particulièrement la santé des enfants. Pire encore, le nombre de mort-nés a enregistré une augmentation de 43 % entre 2008 et 2010, au plus fort de la crise. Les temps d’attente ont explosé : il faut attendre sept mois pour un rendez-vous dans un hôpital public à Chypre. Plus d’un demi-million d’Espagnols (570.000) étaient sur liste d’attente pour une chirurgie en 2012.

Le monde de l’éducation n’est pas non plus ressorti grandi des mesures d’austérité. Dans les pays étudiés, le nombre des enseignants a baissé en même temps que le nombre des élèves a augmenté. Certaines écoles en Grèce ne sont plus chauffées. L’hygiène n’est pas toujours respectée en Italie. En Espagne, l’absence de livres scolaires dans certains établissements est le résultat des coupes budgétaires : le niveau scolaire s’en ressent d’ores et déjà. En Grèce, à cause de la suppression et de la fusion d’écoles, les Roms ont par exemple de grandes difficultés à présent à s’y rendre.

Que dire des retraites ? On a tendance à l’oublier, mais les retraités Grecs ont vu leur retraite amputée de 20 à 40 % selon l’âge et le statut du pensionné. D’où la crispation du gouvernement d’Alexis Tsipras, Premier Ministre Grec, qui veut respecter sa promesse de campagne : mettre un terme à l’austérité.

Ces prochaines semaines seront sans doute cruciales pour l’avenir de l’euro, de la Grèce… mais aussi pour l’Union européenne. Certains politiques Français se sont d’ailleurs réjouis plus ou moins fortement du « Non » grec, y voyant une chance pour l’Europe de revenir aux fondamentaux du projet européen, le peuple. Une vision qui fait débat et qui devrait continuer d’agiter nos conversations.

Stéphanie DEMANDRILLE

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