Ouvrir un compte-titres n’exige ni rituel ni science occulte, contrairement à ce que l’on imagine. Acheter et vendre des actions depuis votre espace client CIC, c’est à la portée de tous, pour peu qu’on s’y prenne avec méthode et vigilance.
Avant de sauter le pas, beaucoup se sentent submergés. Où placer son argent ? Faut-il privilégier le PEA ou se tourner vers un compte-titres ordinaire ? Pour celles et ceux qui souhaitent débuter sur le marché boursier sans faux-pas, voici comment procéder pour acheter des actions tout en évitant les erreurs les plus courantes.
Résumé |
| Raisons d’investir en actions |
| PEA, compte-titres ou assurance-vie ? |
| Choisir son courtier |
| Passer un ordre sur la plateforme |
| Actions en direct ou ETF ? |
Choisir le bon courtier pour investir en Bourse
Le choix du courtier compte plus qu’on ne le pense. Pour aider à y voir clair, tour d’horizon des principaux acteurs, de leurs frais et des enveloppes disponibles :
Courtier
Enveloppes fiscales
Frais moyens par ordre
Informations
1
Compte-titres
0,04 %
/ordre
En savoir plus
2
PEA, PEA-PME, compte-titres
À partir de 2,5 €
/ordre
En savoir plus
3
Compte-titres
ETF et actions sans frais
En savoir plus
4
PEA, PEA-PME, compte-titres
À partir de 0,99 $
/ordre
En savoir plus
Petite piqûre de rappel : la Bourse n’est pas un casino virtuel. Acheter des actions, c’est investir dans le capital réel d’une entreprise, avec ses hauts, ses bas, ses aléas. Avant de s’engager, prendre le temps de regarder les comptes de la société visée, sa stratégie, sa constance est loin d’être superflu. Un minimum de recul évite des pertes évitables.
Pourquoi investir en actions ?
Sur la durée, les marchés boursiers affichent des rendements qui dépassent largement ceux des livrets ou des fonds en euros. Entre 2009 et 2019, certains indices majeurs ont enregistré des hausses impressionnantes :
- La croissance mondiale de l’indice MSCI a progressé de 254 %, soit 13,48 % par an
- Le NASDAQ s’est envolé de 444 %, avec une moyenne annuelle de 18,46 %
- Le S&P 500 a gagné 185,21 %, équivalant à 11,05 % par an
- Le NIKKEI a pris 126,03 %, pour 8,5 % chaque année
- Le DAX a progressé de 128,41 %, soit 8,61 % annuels
- Le CAC 40 s’est apprécié de 54,4 %, environ 4,44 % par an
Face à ces résultats, il devient tentant de franchir le pas. Quand les fonds en euros plafonnent à 1 ou 2 %, quand les livrets réglementés stagnent à 0,5 %, la dynamique équities offre un tout autre horizon pour qui cherche à valoriser son épargne.
Bien sûr, la Bourse déconcerte et impressionne plus d’un épargnant. Pourtant, acquérir des actions devient abordable, à condition d’intégrer les principales bases pour limiter ce qui, sinon, peut virer à l’erreur de débutant.
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L’avis de Jepargneenligne Investir sur les actions cotées n’offre aucune garantie. Leur valeur fluctue, parfois violemment. Accepter ce risque fait partie du jeu, mais il existe des repères pour lisser les secousses : disséminer ses investissements, viser plusieurs années, analyser régulièrement la situation, ne jamais tout miser sur le même cheval. Les ETF, fonds indiciels cotés, permettent aussi de répartir l’exposition à moindre coût. |
Voici les grandes étapes pour acheter des actions en 2021 :
Étape 1 : Choisir le support adapté pour investir
Pour accéder à la Bourse, différents véhicules existent :
- Le compte-titres ordinaire (CTO) : permet d’acheter un vaste éventail de produits financiers, sans plafond
- Le PEA et le PEA-PME : réservés aux titres européens, avec une fiscalité allégée
- L’assurance-vie en unités de compte : donne accès à la Bourse via des ETF, OPCVM ou SCPI, sans possibilité d’acheter des actions individuelles en direct
À chaque enveloppe ses spécificités. Le CTO donne une liberté maximale ; le PEA et l’assurance-vie privilégient l’avantage fiscal. Voyons plus concrètement ceux-ci.
Investir via un compte-titres
Ce support est d’une souplesse appréciable. Tous les marchés du monde sont accessibles, aucun plafond d’investissement et une offre éclectique d’actions, ETF, obligations, CFD ou matières premières. Ouvrir ou fermer un CTO n’a rien de laborieux, tout se fait à distance, rapidement.
- Aucun plafond de versement, possibilité de détenir plusieurs CTO
- Une palette étendue de produits accessibles
- Des frais d’entrée souvent riquiquis chez les courtiers en ligne
Côté fiscalité, la contrepartie se manifeste vite : plus-values et dividendes sont imposés à 30 % (prélèvement forfaitaire unique). Il existe quelques exceptions mais, globalement, l’avantage fiscal n’est pas ce qu’on retient du CTO.
Investir via le PEA ou PEA-PME
Le PEA cible les actions européennes et quelques fonds, en échange d’une fiscalité très optimisée :
- À partir de cinq ans de détention, seuls les prélèvements sociaux (17,2 %) frappent les gains, c’est significatif !
- Pas d’obligation de conserver les titres, mais tout retrait avant cinq ans entraîne la fermeture du plan
- Plafond fixé à 150 000 € de versements, bénéfices et dividendes sont, eux, réinvestissables sans limites
- Transfert possible de son PEA vers un autre établissement, sans remise à zéro de l’antériorité
Sur le PEA, viser le long terme évite bien des déconvenues. C’est exactement le conseil de l’Autorité des marchés financiers, qui privilégie toujours l’horizon étalé dans le temps pour affronter la volatilité. Précision utile : il existe une version PEA Jeune, pour les 18-25 ans rattachés au foyer fiscal parental.
Investir via l’assurance-vie
Ici, l’investissement en actions passe par des unités de compte : OPCVM (SICAV/FCP), immobilier, ETF… Ce sont des portefeuilles préparés par des gestionnaires professionnels qui cherchent à optimiser performance et sécurité. Mais les frais sont à surveiller : gestion annuelle, entrée, sortie, parfois « surperformance » ou arbitrage. L’assurance-vie en unités de compte reste pertinente pour élargir sa diversification et donner du relief à son épargne.
Étape 2 : Trouver le bon courtier
Quelle que soit l’enveloppe retenue, CTO, PEA ou assurance-vie,, il faut passer par un intermédiaire pour ouvrir son support :
- Banque traditionnelle : Société Générale, CIC…
- Banque en ligne : Boursorama, BforBank, Fortuneo…
- Courtier en ligne : Degiro, Bourse Direct…
Comparer les offres relève du réflexe. Certains établissements facturent des frais qui varient du simple au triple. Prendre le temps d’analyser coûts, plateformes, outils et service client permet de limiter les mauvaises surprises sur la durée.
Pourquoi privilégier les courtiers en ligne ?
Les banques traditionnelles appliquent encore, souvent, des frais de tenue de compte sur PEA ou CTO, quand ce coût n’existe pratiquement plus chez les plateformes 100 % en ligne. Idem pour les frais d’achat ou de vente d’actions : tirer profit d’un faible niveau de frais est loin d’être anodin sur plusieurs années.
Comptes-titres : notre sélection
Un tri minutieux des offres permet d’identifier quelques courtiers très compétitifs, tant sur les frais que sur la palette de produits. Il est toujours possible d’ajuster en fonction de sa stratégie.
PEA : les meilleures offres
Certains établissements émergent pour la qualité de leur PEA, avec des conseils pratiques et une approche transparente des coûts.
Courtiers en ligne : le match
Comparer l’ergonomie de la plateforme, la réactivité du service client, la clarté de l’offre. Prendre le temps de ce face-à-face permet de repérer le courtier taillé pour vos ambitions boursières.
Assurance-vie en ligne : la bonne affaire
Les contrats d’assurance-vie distribués sur internet affichent (enfin) des frais de gestion décents : souvent pas de frais d’entrée, de sortie ni d’arbitrage. Reste à choisir selon ses besoins le modèle adapté, éventuellement en profitant d’outils de gestion automatisée, comme la gestion pilotée ou les robo-advisors qui dosent automatiquement la répartition, sans avoir à tout suivre soi-même.
Si l’univers des placements paraît trop complexe, il existe désormais des solutions automatisées capables d’allier expertise informatique et suivi professionnel pour gérer l’allocation, sans y passer son temps.
Étape 3 : Passer son premier ordre en Bourse
Une fois le compte ouvert et alimenté, il ne reste plus qu’à passer à l’action. Acheter ou vendre une action, un ETF, un OPCVM se fait en ligne, souvent en moins de deux minutes, même pour un novice. Il s’agit pourtant de respecter quelques étapes clés.
Bien choisir son action
Avant d’acheter, se poser plusieurs questions permet d’éviter les achats hasardeux :
- Repérer des secteurs en croissance ou particulièrement innovants
- Privilégier les domaines que l’on connaît, pour mieux comprendre les perspectives de la société
- Consulter un minimum d’informations financières récentes sur l’entreprise ou le fonds à cibler
Pour suivre le cours d’une action, renseignez-vous aussi sur les délais d’affichage des plateformes : plusieurs sites montrent les cours avec un certain retard, ce qui fausse la perception du marché.
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Où trouver le cours en temps réel ? Certains sites spécialisés proposent les cotations sans délai. Beaucoup d’autres, dont les moteurs de recherche courants, affichent les prix avec un décalage pouvant aller jusqu’à une vingtaine de minutes. Ce détail a son importance pour qui souhaite acheter ou vendre immédiatement. |
Il ne reste plus qu’à se connecter à l’espace client de sa banque ou de son courtier, depuis un ordinateur ou un smartphone. La recherche d’un titre se fait en général par le nom, le code ISIN (une suite de douze caractères unique) ou le code mnémonique. Ces codes sont toujours retrouvés sur la fiche descriptive du titre, quelle que soit la plateforme utilisée.
Comment acheter des actions ?
L’ordre en Bourse se passe sans complication : il faut remplir quelques informations précises :
- Identification du titre (ISIN ou mnémonique)
- Sens de la transaction : achat ou vente
- Quantité désirée
- Type d’ordre : au marché, limité, à la meilleure limite, dernier cours, etc.
- Durée de validité de l’ordre
Le courtier vous indique alors un montant estimé, frais inclus. Validez l’ordre et, dès l’exécution sur le marché, la somme due est débitée et les titres apparaissent sur le portefeuille.
Comment vendre des actions ?
Vendre fonctionne de manière identique : sélectionnez la ligne à céder, indiquez la quantité, fixez le type d’ordre et le tour est joué. Les fonds récupérés sont crédités sur le compte espèces, frais déduits si applicable.
Les différents types d’ordres
Voici les grands types d’ordres boursiers proposés par les courtiers :
- L’ordre à cours limité : vous indiquez votre prix maximum d’achat ou de vente. Si le marché atteint ce prix, l’ordre passe. Sécurisant pour éviter tout écart de cours majeur.
- L’ordre à la meilleure limite : il s’aligne instantanément sur le prix du marché le plus favorable. Sur les grosses valeurs, ce mode est courant ; sur les titres moins liquides, il faut être prudent.
- L’ordre au marché : il garantit l’exécution mais pas le prix, qui peut fortement varier selon le volume échangé. À réserver si la rapidité prime sur la précision du prix.
- L’ordre déclencheur (stop) : l’ordre s’active si la valeur franchit le seuil choisi. Idéal pour couper une perte ou initier une stratégie dynamique, mais attention : en cas de forte variation, il peut ne pas être exécuté au seuil espéré.
- L’ordre à plage de déclenchement : une version affinée du stop, où l’ordre se déclenche dans une fourchette fixée, limitant ainsi les effets de volatilité excessive.
Comment générer des gains en Bourse ?
Deux approches principales existent pour générer un rendement avec ses placements :
- Conserver ses titres sur le long terme et percevoir les dividendes chaque année. Il n’existe aucune certitude qu’une entreprise versera un dividende tous les ans, cela dépend de sa politique et de sa santé financière.
- Miser sur la plus-value : acheter à un certain prix, revendre plus haut. Cette stratégie nécessite de suivre régulièrement le marché et de faire preuve de patience dans les moments creux. Parfois, attendre le bon timing peut durer de longs mois.
Même pour les profils prudents, il est souvent plus intéressant de combiner ces deux approches : toucher les dividendes, mais rester à l’écoute du marché pour profiter d’une hausse. Garder à l’esprit que viser le long terme permet d’absorber les secousses et augmente les chances de rendement, selon toutes les études de long cours.
Actions en direct ou ETF : que choisir ?
L’achat d’actions en direct peut sembler trop complexe ou risqué pour certains. Les ETF (Exchange Traded Funds ou fonds indiciels cotés) constituent alors une alternative solide. L’idée est simple : répliquer la trajectoire d’un indice, en une seule opération, pour diversifier à grande échelle, même avec une petite somme.
Les principaux avantages des ETF se résument ainsi :
- Accessibilité : investir sur l’équivalent d’un grand indice mondial, souvent dès 50 €, au lieu de devoir acheter chaque ligne individuellement
- Diversification instantanée : le risque se retrouve partagé sur des dizaines d’entreprises, locales ou mondiales
- Gamme complète : pratiquement tous les indices du globe sont représentés
- Transparence : la composition de l’ETF est facilement vérifiable, son évolution peut être suivie sans effort
- Frais réduits : un seul achat couvre de nombreuses valeurs, réduisant de facto le montant des frais de courtage
- Dividendes réinvestis automatiquement sur une grande partie des ETF, ce qui accélère la prise de valeur dans le temps
Du côté des limites :
- Écart de performance inexistant ou faible : les frais de gestion annuels (entre 0,2 et 0,6 %) grignotent légèrement la copie conforme d’un indice
- Offre parfois restreinte sur PEA : certains ETF éligibles à ce support sont moins variés ou un peu plus chers
Pour la majorité des profils, les ETF restent la porte d’entrée idéale pour investir sans consacrer un week-end entier à l’analyse de chaque bilan. Une fois l’indice sélectionné et le produit choisi, le plus difficile reste… de laisser faire le temps.
En quelques démarches, acheter des actions via le CIC ou tout autre acteur devient une voie claire et structurée. Choisir le bon support, sélectionner une plateforme à la hauteur et agir avec rigueur : voilà le socle pour démarquer sa trajectoire sur les marchés et entamer, pourquoi pas, une nouvelle histoire financière personnelle.









