Un chiffre sec : 60 %. C’est la part que la Sécurité sociale prend en charge pour la plupart des soins de réadaptation. À l’heure où les parcours de soins s’allongent et les besoins de suivi explosent, chaque euro récupéré compte. Naviguer dans le labyrinthe du remboursement, c’est aussi défendre son droit à une prise en charge digne et transparente.
Après un accident ou une hospitalisation, il n’est pas rare de devoir enchaîner les séances chez l’ergothérapeute, l’orthophoniste, voire le kiné. Parfois, un passage en centre de convalescence s’impose, ou une cure thermale, ou même un séjour en maison de soins infirmiers. Chaque structure, chaque spécialité, chaque prestation a ses propres modalités de prise en charge par la Sécurité sociale. Et la facture, elle, peut vite grimper, surtout si la mutuelle n’est pas au rendez-vous.
Pour que l’Assurance maladie intervienne, il faut impérativement présenter deux documents : une ordonnance du médecin et un formulaire d’accord préalable de la CPAM dûment complété. Sans ces papiers, pas de remboursement possible.
Quelles sont les règles de remboursement selon la nature des soins, le type d’établissement, ou la couverture complémentaire ? Cet article fait le point sur les taux appliqués par la Sécurité sociale et la façon dont les mutuelles peuvent compléter, ou non, la prise en charge. Pour un panorama complet sur les frais de santé, n’hésitez pas à consulter notre dossier sur le remboursement des frais de santé et à explorer tous les atouts du régime général.
Soins de réadaptation : quelle prise en charge après une hospitalisation ?
Kinésithérapie, ergothérapie, suivi psychologique… Les besoins post-hospitalisation sont multiples, et les dépenses peuvent vite devenir un souci. Il est donc fondamental de connaître les taux de remboursement fixés par l’Assurance maladie et le reste à charge selon sa complémentaire santé.
Kiné : combien rembourse la Sécurité sociale ?
Après une opération ou un accident, la rééducation par un kinésithérapeute est souvent incontournable. La CPAM couvre 60 % du tarif conventionné pour les séances prescrites. Attention : les séances dites « de confort » restent à la charge du patient, sans remboursement. Selon votre contrat de mutuelle, les 40 % restants peuvent être couverts en tout ou partie, mais il vous faudra parfois avancer les frais et transmettre les justificatifs.
À noter : si vous envisagez de consulter un ostéopathe, sachez que cette pratique n’est pas reconnue comme soin conventionné. La Sécurité sociale n’intervient donc pas (voir les détails sur le remboursement de l’ostéopathie).
Ergothérapie : dans quels cas le remboursement est total ?
Pour l’ergothérapie, le remboursement par la CPAM est possible uniquement dans certains contextes précis :
- Consultations réalisées à l’hôpital ou dans une structure spécialisée
- Prise en charge dans le cadre d’une hospitalisation à domicile (HAD)
- Soins liés à une affection longue durée (ALD)
En dehors de ces situations, si vous consultez un ergothérapeute en libéral, la Sécurité sociale ne prend pas en charge la dépense. La mutuelle peut cependant intervenir, à condition d’avoir souscrit le bon contrat. Renseignez-vous sur les modalités détaillées auprès de votre organisme.
Psychologue ou psychiatre : quelle différence pour le remboursement ?
Après un choc ou un traumatisme, un suivi psychologique s’impose parfois. Le remboursement dépend du statut du professionnel :
- Psychiatre : médecin spécialiste, il ouvre droit à un remboursement de 70 % sur la base de la Sécurité sociale, à condition de respecter le parcours coordonné.
- Psychologue : non médecin, ses consultations ne sont prises en charge par l’Assurance maladie que si elles ont lieu dans un CMP (Centre Médico-Psychologique) ou un établissement public, et uniquement si la démarche s’inscrit dans le parcours de soins coordonné.
Orthophonie : quelle prise en charge pour la rééducation ?
Pour les troubles de la parole, la rééducation orthophonique bénéficie de tarifs strictement encadrés par la CPAM. Aucun dépassement d’honoraires n’est autorisé. Le remboursement de la Sécurité sociale atteint 60 %, à condition d’avoir une ordonnance et de respecter le parcours de soins. La mutuelle peut ensuite régler le ticket modérateur, soit les 40 % restants, pour assurer une couverture complète.
Précision utile : en cas de handicap chez l’enfant, les séances d’orthophonie réalisées chez un orthophoniste libéral, à l’école ou en centre d’accueil peuvent être prises en charge par la Sécurité sociale (voir l’article dédié).
Orthoptie : comment fonctionne le remboursement ?
L’orthoptiste intervient pour la rééducation de la vision binoculaire. Si une prescription médicale a été réalisée, la Sécurité sociale prend en charge 60 % du tarif conventionné pour l’ensemble des soins orthoptiques, des bilans aux séances de rééducation (jusqu’à 20 séances selon les situations).
Pour les patients en ALD, le remboursement peut atteindre 100 %, sous réserve d’une demande d’accord préalable auprès de la CPAM. Concernant le ticket modérateur (les 40 % restants), la mutuelle peut compléter selon les garanties de votre contrat.
Pédicure-podologue : quelle prise en charge pour les soins spécifiques ?
En cas de besoin de soins de pédicurie (hallux valgus, orthèses plantaires, semelles orthopédiques), la prise en charge par la Sécurité sociale s’élève à 60 %. Les soins de confort sont, eux, exclus du dispositif. Si vous êtes diabétique, un remboursement spécifique est prévu pour la prévention et le suivi des plaies du pied, à raison de 4 à 6 séances par an, prises en charge à 60 % ou 100 % selon la gravité.
Séjours en centres de convalescence et de réadaptation : quel remboursement ?
Après une hospitalisation, un séjour en structure de convalescence peut s’avérer indispensable. Plusieurs types d’établissements existent :
- Maisons de soins infirmiers : centres de réadaptation, maisons de repos, maisons de santé psychiatrique, établissements pour personnes âgées, unités de soins palliatifs
- Centres thermaux
Les tarifs appliqués diffèrent selon le statut public ou privé de l’établissement, mais dans la majorité des cas, ils se calquent sur ceux de l’hospitalisation. La mutuelle joue ici un rôle décisif pour alléger le reste à charge.
Maisons de repos : comment sont couverts les frais ?
Les établissements de soins dits « de suite » accueillent les patients pour une durée variable, avec un accompagnement médical et de réadaptation. Les tarifs journaliers sont comparables à ceux d’un séjour hospitalier classique, avec toutefois des différences notables entre public et privé.
Le remboursement par la Sécurité sociale dépend de votre situation :
- 100 % si vous êtes en ALD
- 80 % si le séjour fait suite à une intervention ou à une maladie intercurrente
À noter, certains frais restent systématiquement à la charge du patient :
- Le forfait journalier (20 € ou 15 € en psychiatrie)
- Le supplément chambre individuelle
- Les prestations de confort (télévision, téléphone, etc.)
La mutuelle peut prendre en charge tout ou partie de ces dépenses, à condition de l’avoir prévu dans le contrat.
Cures thermales : quelles conditions pour être remboursé ?
Sur prescription médicale, un séjour en centre thermal peut être partiellement pris en charge par la Sécurité sociale, que ce soit pour les soins, l’hébergement ou le transport. La prise en charge dépend du respect de certaines conditions médicales et administratives, l’établissement doit notamment être agréé par l’Assurance maladie, et une procédure spécifique s’applique.
En cas d’accord, la CPAM rembourse :
- 70 % sur le forfait surveillance médicale
- 70 % pour les actes médicaux complémentaires
- 65 % du prix d’un billet de train aller-retour en seconde classe
- Jusqu’à 65 % des frais forfaitaires plafonnés à 150,01 €
Pour l’hébergement, la prise en charge dépend aussi du niveau de ressources (revenu de l’année N-1).
D’autres soins liés à la convalescence concernés par le remboursement
Outre les consultations spécialisées ou les séjours en structures de récupération, d’autres prestations sont couvertes : rendez-vous chez le généraliste, hospitalisation, frais de transport sanitaire… Chacune obéit à des règles propres, que voici.
Médecin généraliste : que prend en charge la Sécurité sociale ?
Le tarif des consultations chez le généraliste varie selon la complexité : simple, complexe ou très complexe, chaque acte a son prix. Depuis 2017, certains honoraires ont été revalorisés. La prise en charge dépend du respect du parcours de soins et du secteur du praticien. Le remboursement est assuré par la CPAM et, selon le contrat, complété par la mutuelle.
Bon à savoir : le niveau de remboursement dépend aussi de l’adhésion du médecin à la convention Sécurité sociale.
Hospitalisation : quelle couverture réelle ?
La CPAM prend en charge la majeure partie des frais d’hospitalisation, que ce soit dans le public ou le privé conventionné :
- Frais d’hospitalisation : 80 % ou 100 % selon la situation (ALD, maternité, accident du travail…)
- Forfait hospitalier : 20 € par jour, non remboursé par la Sécurité sociale, mais souvent pris en charge par la mutuelle
- Suppléments d’honoraires : non couverts par la CPAM, selon le contrat de complémentaire
- Services de confort (télévision, chambre seule…) : à la charge du patient, sauf prise en charge spécifique par la mutuelle
Transport sanitaire : dans quels cas la CPAM rembourse-t-elle ?
Les frais de transport médical peuvent être pris en charge jusqu’à 100 % par la Sécurité sociale, sous réserve d’une prescription médicale et selon les cas (ambulance, VSL, taxi conventionné). L’accord préalable peut être exigé pour certains trajets.
Médecines alternatives : que rembourse le système ?
Ostéopathie, hypnose, homéopathie… Ces pratiques séduisent de plus en plus. Pourtant, la Sécurité sociale ne rembourse pas leurs séances, sauf exception et accord médical. Certaines mutuelles proposent des forfaits annuels de remboursement pour la « médecine douce », mais il faut vérifier les plafonds et les conditions.
À noter : le déremboursement de l’homéopathie est effectif depuis 2021 (voir notre article).
⚕️ Les séances de kinésithérapie sont-elles prises en charge par la Sécurité sociale ?
Oui, à hauteur de 60 % sur prescription médicale et respect du parcours de soins.
❓ Quels soins sont considérés comme réadaptation ?
À la suite d’un accident ou d’un traumatisme, plusieurs types de soins entrent dans la catégorie réadaptation :
- Suivi psychiatrique
- Orthoptie
- Rééducation fonctionnelle
✔ Peut-on obtenir un remboursement pour un séjour en maison de repos ?
Oui, la CPAM prend en charge une partie ou la totalité des frais selon la situation médicale et l’établissement. Les modalités varient, renseignez-vous avant toute admission.
💰 Le séjour en cure thermale est-il couvert ?
Sur prescription et sous conditions, l’Assurance maladie peut prendre en charge une partie des frais relatifs à la cure thermale, tant pour les soins que pour l’hébergement ou le transport.
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Rien n’est jamais automatique : obtenir le meilleur remboursement, c’est jongler avec règles, procédures, contrats et exceptions. À défaut de rendre le parcours plus simple, mieux le connaître permet au moins de ne pas passer à côté de droits concrets.


