Comment le covid a transformé la vie des entreprises

Un chiffre sec, brut, qui donne le ton : 1820 entrepreneurs marocains ont pris le temps de répondre à la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) pour raconter, sans détour, l’impact du covid sur leur activité. Petites entreprises, PME, géants du secteur ou auto-entrepreneurs, tous réunis pour dresser un état des lieux précis de l’économie secouée par la crise sanitaire.

La CGEM, de son côté, n’a pas tardé à dévoiler les premiers enseignements de cette vaste enquête. Ces données s’annoncent comme le socle sur lequel le Comité de sortie Covid-19 du CGEM va s’appuyer pour imaginer la suite, et tenter de tracer une route après la tempête.

Au fil des résultats, plusieurs constats frappent sans détour :

  • Près de 61,6 % des entreprises s’attendent à ce que les délais de paiement s’allongent d’au moins deux mois après la reprise. Pour beaucoup, la trésorerie déjà fragilisée risque de connaître de nouvelles secousses.
  • Sur 1740 entreprises sondées, 815 ont vu leur activité plonger de plus de moitié lors des trois premiers mois de la crise. 301 autres signalent une baisse comprise entre 30 % et 50 %. Derrière ces chiffres, des équipes en suspens, des carnets de commandes en berne, et l’incertitude qui s’installe.
  • Les pertes d’emplois s’annoncent lourdes. Les entreprises interrogées redoutent de devoir supprimer 165 586 postes, soit 55,11 % de leurs effectifs. Les secteurs déjà fragilisés, immobilier, tourisme, artisanat, industries culturelles, textiles, médias, risquent à eux seuls de perdre 100 000 emplois.
  • Côté aides, 39,2 % des entreprises déclarent avoir touché l’allocation forfaitaire issue du fonds spécial covid. Près de la moitié (48,8 %) restent sur le qui-vive, prêtes à solliciter ce soutien si la situation l’exige. Seule une minorité, 12 %, affirme ne pas vouloir y avoir recours. Selon le CGEM, cette dynamique pourrait conduire à un doublement des demandes à court terme.
  • La quasi-totalité des entreprises sondées (71,4 %) ont sollicité au moins un report d’échéance, qu’il s’agisse de charges bancaires, fiscales ou sociales. Parmi elles, 62,7 % ont multiplié les démarches pour cumuler plusieurs reports, et 22,8 % ont tout demandé d’un coup : banque, impôts et cotisations sociales.

Malgré un optimisme mesuré sur une reprise dès juin, la majorité des chefs d’entreprise anticipent déjà une année 2020 plombée par des revenus en net retrait. Pour les exportateurs, la reprise attendra. Plus de la moitié (56,7 %) misent désormais sur 2021 pour retrouver un rythme de croisière.

Les chiffres sont là, bruts, implacables. Si l’économie marocaine espère retrouver son souffle, il faudra apprendre à naviguer dans un contexte mouvant, entre incertitudes et adaptations permanentes. Pour les entrepreneurs, rien n’est écrit d’avance. Mais ce qui se joue en ce moment dessinera durablement le visage du tissu économique de demain.

Télécharger Enquête préliminaire ResultsImpactsCOVID-19.pdf

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