Les planchers n’ont jamais autant chauffé que ces deux dernières années.
Dans la rue, le ballet est sans équivoque : hommes et femmes dévoilent leurs chevilles, tous adeptes du fameux pantalon 7/8ème. Cette coupe, taillée pile au-dessus de la cheville, a conquis la mode urbaine. Pourquoi un tel engouement ? Pour ma part, trois raisons m’y attachent : mes chevilles, que j’assume sans détour ; l’occasion rêvée de mettre en valeur mes chaussures favorites ; et, avouons-le, un vrai coup de fouet pour l’industrie française de la chaussette, qui trouve là un regain d’intérêt inattendu.
Mais cette tendance, aussi séduisante soit-elle, n’est pas sans pièges. Le pantalon 7/8ème, s’il sublime les longues jambes, peut aussi raccourcir la silhouette de celles ou ceux qui n’ont pas hérité d’un mètre de gambettes. Le modèle expose la cheville, un atout pour certains, moins pour d’autres. Si vous estimez que vos chevilles ne sont pas votre point fort, rien ne vous oblige à suivre le mouvement. Il y a tant d’autres façons de valoriser sa silhouette.
Entrons dans le vif du sujet.
Petite précision : le terme 7/8ème concerne exclusivement les pantalons. Pour les jupes, on parle plutôt de « longueur midi » ou « longueur cheville ».
Quel pantalon choisir ?
1. L’ourlet idéal
Voici les principales options pour obtenir la fameuse coupe 7/8ème :
- Ourlet roulotté (fait maison) : Deux tours bien nets pour masquer la couture du bas, et l’affaire est dans le sac. Gardez tout de même en tête qu’un simple roulotté ne remplace pas un vrai ourlet si le pantalon est trop long. Inutile de multiplier les tours jusqu’à obtenir une bouillie informe : l’élégance y perdrait bien trop. Et, entre nous, le matin, s’acharner sur dix roulés relève du supplice, sans parler du moment où il faudra retirer ce jean entortillé.
- Ourlet coupé franc : Facile à réaliser, même pour ceux qui ne se sentent pas l’âme d’un couturier, testé et approuvé ! Cependant, assurez-vous que le tissu du jean s’y prête : avec trop d’élasthanne, le bord coupé risque de filer un aspect négligé, voire cheap.
- 7/8ème d’origine ou recoupé chez un pro : Deux cas de figure. Soit vous tombez en magasin sur LE pantalon dont la longueur s’arrête pile là où il faut (signe que vous appartenez à la caste des longues jambes, ce qui n’est pas sans inconvénient pour trouver des pantalons classiques, soyons honnêtes). Soit, comme la majorité, vous confiez la retouche à un professionnel, pour une poignée d’euros, votre pantalon est ajusté au millimètre. Un vrai soulagement pour celles et ceux qui ne se risquent pas à manier l’aiguille, ou qui ont la chance d’avoir un proche doué de ses mains.
Typhoine Augusto maîtrise le roulotté avec brio.
Si vous souhaitez aller plus loin dans l’art d’accorder vos vêtements à votre morphologie, mes séances de coaching stylistique, en présentiel ou à distance, sont à votre disposition.
2. La question de la coupe
Le choix de la coupe influence énormément le rendu du pantalon 7/8ème. Voici ce que vous devez savoir :
- Le slim : Idéal pour les jambes fines. Cette coupe affine et structure la silhouette, mais attention à ne pas choisir un modèle trop moulant : si le tissu colle au mollet comme un legging, l’effet sera tout sauf moderne. Les jambes galbées, qui brillent en version slim classique, risquent de moins apprécier la version 7/8ème si elle serre trop.
- La coupe droite : Ni trop serrée ni trop large, elle convient à quasiment tout le monde. Un choix sûr quand on veut un look équilibré et actuel.
- Jean « boyfriend » ou « mom » : À sélectionner dans un coton épais, sans excès d’élasthanne. Ce type de denim, surtout si vous optez pour un revers, apportera du volume au mollet. Pour éviter l’effet « tassé », mieux vaut privilégier des chaussures découvertes ou des talons qui structurent la silhouette.
- La coupe large ou flare : Large et court, une équation gagnante pour les grandes silhouettes. Si vous mesurez moins d’1,70 mètre, tout n’est pas perdu : des talons permettent d’équilibrer et d’allonger la jambe.
Le blog de Pauline offre une belle illustration du « mom jean » 7/8ème.
3. Taille haute ou basse ?
La hauteur de la taille n’a pas vraiment d’incidence sur la tendance, mais il faut le reconnaître : une taille haute allonge visuellement la jambe, ce qui plaît à bon nombre d’adeptes du 7/8ème.
Avec quelles chaussures porter le pantalon 7/8ème ?
Voici comment choisir vos chaussures pour sublimer votre pantalon 7/8ème :
- Niveau facile : chaussures basses, Le but affiché, c’est de mettre la cheville en valeur. Au-delà de l’effet mode, cela allonge le mollet et crée un joli espace entre le bas du pantalon et le pied. Plus la chaussure est dégagée, plus la ligne est élégante. Exemples : escarpins ouverts, ballerines, baskets basses, sandales fines ou encore talons kitten.
Punky, Tokyo Banhbao, Inès de la Fressange… toutes ont adopté les chaussures basses avec le 7/8ème.
- Niveau expert : chaussures montantes, Attention, terrain glissant. Le 7/8ème a déjà pour effet de tasser la jambe d’un huitième ; une chaussure montante peut accentuer ce raccourcissement. Réservé donc à celles et ceux qui ont des jambes fines ou qui compensent par des talons. Quelques règles à retenir : le bas du pantalon ne doit pas recouvrir la moitié de la chaussure (effet massif garanti). Limitez au maximum l’espace entre le pantalon et la chaussure : trop de vide, et la silhouette perd en harmonie.
Karl Deras, Mer de chaussures et quelques autres inspirent, mais la réussite est rare. Trouver la bonne combinaison reste un défi, preuve que la mode ne se dompte pas au hasard.
Le 7/8ème, c’est un peu l’art du détail et de l’équilibre. Oser dévoiler la cheville, jouer avec les coupes, s’amuser avec les chaussures… Le style n’est jamais figé, il se réinvente à chaque pas. Reste à savoir : serez-vous de ceux qui l’adoptent sans réserve, ou préférerez-vous garder le mystère sous l’ourlet ?
Baisers parisiens

