Les vraies raisons du rejet de Brian Jones par Hendrix en studio

La réputation ne protège de rien, pas même d’un revers discret mais décisif entre deux prises de studio. Quand Jimi Hendrix débarque à Londres, il ne lui faut que quelques notes pour retourner la scène britannique. Les grands noms défilent : Eric Clapton, des Beatles, des Stones. Brian Jones, figure de proue des Rolling Stones, ne cache pas son admiration. Mieux, il l’affiche : en 1967, il traverse l’Atlantique pour présenter Hendrix et son Experience au Monterey Pop Festival, scellant un moment clé pour la carrière américaine du guitariste. Reconnaissant, Hendrix gardera ce geste en mémoire. Mais la reconnaissance n’efface pas tout.

Brian Jones tente sa chance au piano sur « All Along the Watchtower »

En janvier 1968, Jimi Hendrix n’en est plus à enregistrer ses disques dans la hâte. Pour « All Along the Watchtower », il multiplie les prises, superpose les instruments, cherche la version parfaite. Le processus s’étire, au point que le bassiste Noel Redding quitte le studio, lassé par l’enchaînement sans fin. Pour combler les vides, Dave Mason de Traffic vient prêter main forte, d’abord à la guitare douze cordes, puis à la basse. C’est dans ce climat de travail acharné qu’un Brian Jones mal en point débarque et s’installe au piano.

L’ingénieur Eddie Kramer, témoin privilégié de ces séances, a raconté à Bob Harris en 2013 comment la scène s’est déroulée. Sans détour, il décrit un jeu de piano désastreux : des accords faux, un rythme défaillant, rien ne tient debout. « Ce bruit, tout à côté, tout faux… c’est Brian Jones, arrivé complètement ivre au studio. » Malgré la générosité de Hendrix avec ses proches, ce naufrage sonore dépasse les limites. Kramer se souvient d’un regard appuyé du guitariste, qui signifie sans équivoque qu’il faut trouver un moyen d’écarter le Rolling Stone du piano.

Évincé du studio, Jones s’effondre… et laisse la place à la bonne prise

Le travail en studio avec Hendrix ne ressemble pas à une promenade de santé. Plus de vingt prises sont nécessaires pour la piste de base de « All Along the Watchtower », et la patience a ses frontières. Hendrix, embarrassé mais déterminé, glisse à Kramer de faire sortir Jones. L’ingénieur invite alors le musicien dans la salle de contrôle. Résultat : Jones s’effondre devant la console et s’endort, hors jeu. Hendrix et son équipe saisissent enfin la bonne prise, la vingt-septième. Mais le travail est loin d’être terminé. Hendrix enregistre ensuite lui-même la basse, superpose d’autres instruments, affine chaque détail. L’enregistrement s’étire sur plusieurs mois et déménage même à New York avant d’aboutir.

Malgré tout, Brian Jones ne disparaît pas entièrement du morceau. On retrouve sa trace sur l’album : il signe ce discret tintement de percussion, audible à la fin de chaque mesure dans l’introduction de la chanson. Un vestige sonore, presque furtif, mais qui rappelle comment la frontière entre la fraternité musicale et la rigueur artistique peut s’avérer plus tranchante qu’on ne l’imagine. Parfois, les studios referment la porte sans bruit, et laissent derrière eux des histoires qui résonnent longtemps après le dernier accord.

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