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Environnement vs Économie : un vieux débat de retour

Le Dieselgate et puis… rien du tout en fait. Rien ne va changer dans le monde merveilleux de l’automobile. Il aurait pu sortir du scandale Volkswagen une réglementation plus forte des émissions des voitures diesel, au service d’un environnement meilleur. Que nenni. Peu importe que les règles de contrôle dans le secteur automobile soient truquées, comme l’ont révélé les autorités américaines. Peu importe que la pollution de l’air, en premier lieu le trafic routier, soit la principale cause de mortalité en Europe (4 millions d’Européens par an). Que les amoureux des particules fines se rassurent, le diesel a de beaux jours devant lui. L’affaire Volkswagen n’y changera rien.

Le lobbying des constructeurs a fonctionné…

Les États se sont fait le chantre de ce liquide. Des États européens, et pas des moindres, s’opposent en effet fermement à un changement de réglementation. Les pays avec un secteur automobile fort, tels que l’Allemagne, l’Espagne, les pays de l’Est (sauf la Pologne) et l’Autriche sont clairs : non à des limites plus strictes des gaz d’échappement pour les voitures diesel. La France, qui a un secteur automobile important, pourvoyeur d’un grand nombre d’emplois, ne s’oppose pas, quant à elle, à de nouvelles limites. Et les Pays-Bas ainsi que les pays nordiques soutiennent les propositions de la Commission européenne, désireuse de fixer de nouveaux seuils à l’industrie automobile.

Opposition des politiques : un scandale sanitaire

Il s’éloigne l’espoir de la mise en place de nouvelles modalités de tests de pollution, si l’on suit les débats au Parlement européen. Lever de bouclier des eurodéputés allemands lorsque le Parlement a osé se pencher sur le contrôle des émissions polluantes des voitures. Satisfaits d’une réglementation ancienne et obsolète qui méconnaît l’impact des voitures sur la qualité de l’air, les Élus Allemands se sont arc-boutés et ont pris le relais des firmes allemandes pour combattre une réglementation plus stricte. Alors que les Verts Français et Espagnols ont signé une pétition pour que le Parlement européen réclame une enquête sur Volkswagen, les Verts Allemands, pourtant toujours très actifs, sont restés plus en retrait, conscients que si Volkswagen coule, l’Allemagne en prendrait un coup. Des considérations nationales devant des considérations environnementales : c’est un peu cette vieille rengaine des années 1990 de l’économie qui s’oppose à l’environnement. En attendant, selon la Commission européenne, la pollution de l’air coûterait entre 330 et 940 milliards d’euros par an. L’environnement au service de l’économie, c’est aussi possible selon… des économistes.

Vers un consensus européen ?

C’est mal parti. Mais c’est le souhait de la Commission européenne, qui travaille d’arrache-pied pour parvenir à une position commune lors du Comité technique pour les véhicules à moteur, qui se tiendra fin octobre. Si aucun consensus n’est trouvé au sein de ce Comité, ce sera au Conseil et donc aux États membres d’étaler leurs positions et de trouver un terrain d’entente. La transparence, mais à quel prix ? De quoi mettre à jour une nouvelle fois les oppositions intra-communautaires.

Et du côté de l’industrie…

Les constructeurs automobiles vont devoir mesurer à partir de janvier 2016 les niveaux d’oxyde d’azote sur la route, et non plus comme actuellement en laboratoire. Et dès septembre 2017, avec une période de transition jusqu’en janvier 2019, les voitures devront passer le cap de nouveaux tests. En attendant, nous continuerons à respirer le bon air des gaz d’échappement. Il ne faut surtout pas brusquer l’industrie automobile.

Stéphanie DEMANDRILLE

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